football, supporters et politique

Re: football, supporters et politique

Messagede benoit le 01 Juin 2009, 01:04

zBB a écrit:Des photos Benoit ?

pas eu le temps d'en prendre :?
Avatar de l’utilisateur
benoit
Site Admin
 
Messages: 2632
Localisation: caen

Re: football, supporters et politique

Messagede benoit le 14 Juil 2009, 12:14

suite de cette "affaire": les plaintes ont été classées sans suite (malgré plusieurs points de suture sur le crâne pour un stadier), le club et la police cherchant visiblement à faire baisser la tension.
Avatar de l’utilisateur
benoit
Site Admin
 
Messages: 2632
Localisation: caen

Re: football, supporters et politique

Messagede benoit le 17 Juil 2009, 18:22

http://om1899.football.fr/post/2009/07/ ... Ame-gauche
Berlin : Affrontements entre hooligans d’extrême droite et militants d’extrême gauche
Environ 200 personnes issues des mouvements d’extrême gauche Berlinois ont attaqué dans la nuit de mardi à mercredi, le « Jeton », une discothèque de Berlin connue pour être un lieu de rendez-vous de la mouvance hooligans du BFC Dynamo Berlin et des militants d'extrême droite de la Capitale Allemande…

Cette attaque et ces affrontements "pourraient" avoir été organisés en représailles au passage à tabac d'un jeune militant d'extrême gauche par quatre néo nazis dimanche dernier dans le même quartier, dans l'Est de la capitale…

Malgré le fait que ses agresseurs aient été interpellés et soient désormais sous les verrous, inculpés de tentative d'assassinat, la police estime que cette attaque était une première riposte à ce tabassage et craint désormais que la situation ne s’envenime entre militants d’extrême gauche et la frange radicale des hooligans du BFC Dynamo Berlin, ancien club de la Stasi dans l’ex RDA….

Lors de ces affrontements un policier a été blessé alors que la façade de la discothèque, plusieurs voitures garées devant et un véhicule de police ont été dégradées…

En Août 2005 déjà, cette boite de nuit avait défrayé la chronique quand 300 membres des forces spéciales de la police Berlinoise y étaient intervenu pour arrêter des hooligans du Dynamo Berlin qui s’y étaient réunis la veille d’un derby face à l’Union Berlin, ennemi historique sous la période Est Allemande (et avec lequel la rivalité perdure) afin de préparer un plan d’attaque massif des supporters « unionistes ». 21 Policiers avaient été blessés dans les affrontements et 158 hooligans interpellés…

Les supporters radicaux du Dynamo Berlin sont réputés pour être parmi les plus violents et extrémistes d’Allemagne. Ainsi en Décembre 2008, lors d’un déplacement dans le cadre d’un autre derby Berlinois, face au Tennis Borussia Berlin en Oberliga Nordost-Nord, de violents affrontements avaient nécéssité l’intervention massive et “musclée” de la Police dans le secteur visiteurs faisant 58 blessés et procédant à 18 arrestations…
Avatar de l’utilisateur
benoit
Site Admin
 
Messages: 2632
Localisation: caen

Hortefeux crée une police spéciale contre les hooligans

Messagede maiakovski le 30 Sep 2009, 19:25

Une saison de football
L'actualité de la Ligue 1, des compétitions européennes et de l'équipe de France suivie par «Libération»...
Société 30/09/2009 à 18h51
Hortefeux crée une police spéciale contre les hooligans

Le nouveau service aura notamment pour mission de «mieux identifier les cas individuels à risque afin de pouvoir les interpeller et les sanctionner».

Le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, créée un service de police spécialisé contre le hooliganisme, «directement rattaché au directeur central de la Sécurité publique»: la Division nationale de lutte contre le hooliganisme, a annoncé l’Intérieur mercredi.

Cette décision a été annoncée à l’issue d’une réunion organisée par le directeur du cabinet de l’Intérieur, Michel Bart, avec les responsables sportifs nationaux du football, les directions générales de la police et de la gendarmerie, le préfet de police Michel Gaudin et les préfets des départements comptant une équipe de Ligue 1, a précisé le ministère.

Le nouveau service aura notamment pour mission de «mieux coordonner nos capacités de renseignement avec les acteurs responsables de la sécurité sur le terrain, mieux identifier les cas individuels à risque afin de pouvoir les interpeller et les sanctionner, non seulement au plan administratif (interdictions de stades) mais aussi judiciaire», selon l’Intérieur.

(Source AFP)
maiakovski
 
Messages: 219


Re: football, supporters et politique

Messagede benoit le 03 Nov 2009, 14:34

barcelone36 a écrit::lol:

Image

y'a la même chose pour la plupart des stades ;)
Avatar de l’utilisateur
benoit
Site Admin
 
Messages: 2632
Localisation: caen

Re: football, supporters et politique

Messagede benoit le 03 Nov 2009, 14:36

St Pauli est réputé bien à gauche ;)
FC Hansa Rostock - FC St. Pauli - 02/11/2009

Source : ostsee-zeitung.de + abendblatt.de + Spiegel

Comme à chaque fois des incidents ont éclaté entre les fans des deux clubs sur fond de politique.

Les 2000 supporters de St.Pauli sont arrivés par trains, puis fortement encadrés de la gare au stade par 300 policiers. Des projectiles et des engins pyrotechniques ont été lancés par les supporters. 15
00 policiers sont mobilisés pour ce match à hauts risques.
Avant la rencontre, qui a été relativement calme, quatre supporters de Rostock ont été interpellés. Un caméraman a été blessé par un fumigène.
Durant la rencontre, sur le premier but de l'équipe d'Hambourg, la partie est légèrement interrompue suite à l'utilisation de fumigènes qui seront envoyés d'un camp à l'autre. Elle sera à nouveau interrompue sur le deuxième but de St.Pauli.
Après la rencontre, plusieurs incidents éclatent entre supporters d'Hansa et la police qui a recours au canon à eau. Les supporters de Rostock lancent des pierres et tentent de forcer le barrage policier. Le contact est féroce. Il y a au moins douze supporters interpellés et trois blessés.
Le calme ne reviendra que vers minuit.
Avatar de l’utilisateur
benoit
Site Admin
 
Messages: 2632
Localisation: caen

Re: football, supporters et politique

Messagede benoit le 16 Nov 2009, 12:06

un reportage (en italien) sur les ultras, l'aspect politique y est abordé
http://current.com/items/91316372_ultra ... l-male.htm
Avatar de l’utilisateur
benoit
Site Admin
 
Messages: 2632
Localisation: caen

Re: football, supporters et politique

Messagede benoit le 09 Fév 2010, 23:25

Le footballeur Marouane Chamakh sur une liste MoDem
L'attaquant franco-marocain de Bordeaux, en tête de la Ligue 1 de football, Marouane Chamakh figurera sur la liste Forces Aquitaine, menée par le député MoDem Jean Lassalle pour les régionales de mars prochain, a annoncé mardi le Mouvement démocrate.

Agé de 26 ans, l'international marocain, qui fait partie de l'équipe championne de France en 2009, devrait figurer en 13e place – non-éligible – de la liste pour le département de la Gironde.

"Je veux rassembler toutes les forces de l'Aquitaine pour faire vivre notre région, et Marouane fait partie de ces forces dont l'Aquitaine a besoin", a déclaré M. Lassalle, lors de l'annonce de cette recrue pour la liste qu'il mène.

Un autre sportif, le joueur du club d'Agen (Pro D2 de rugby), François Gelez, a rejoint la liste du MoDem pour les régionales, où il figurera en troisième position dans le Lot-et-Garonne.
Avatar de l’utilisateur
benoit
Site Admin
 
Messages: 2632
Localisation: caen

Re: football, supporters et politique

Messagede benoit le 10 Fév 2010, 23:40

en Israel :
Le mouvement ultra’ se vit aussi dans des pays (assez) improbables, dans des contextes politiques et sociaux qui vus d'ici nous apparaissent antinomiques, non seulement à la pratique du sport mais aussi à cette passion populaire qui va avec…

Pourtant en Israël, les compétitions sportives et notamment le championnat de football, sont vécues avec autant de passion par les supporters que partout ailleurs…
On y trouve donc aussi des groupes de supporters organisés et répondant là-bas aussi à des orientations politiques souvent liées à celles des clubs israéliens eux-mêmes, puisque ceux-ci ont pour la plupart du temps été fondés par des partis, mouvements ou associations politique (Maccabi, Beitar, Hapoel…)

On trouve donc dans les tribunes populaires de l'Hapoel Tel Aviv, les Red Workers, qui se définissent comme un "groupe d'aide sociale" dans la communauté des Ultras Hapoel, promouvant l'entraide au sein de l'ensemble des supporters du club.

Il faut ainsi savoir que l'Hapoel Tel-Aviv a été fondé en 1923 par le mouvement d’inspiration socialiste “HA-POEL” (les travaillistes). Dès lors le club a toujours été connu pour sa proximité avec les partis politiques de gauche ainsi que les syndicats. De manière générale, la grande majorité des supporters de l'Hapoel sont donc proches des idées de gauche comme les membres des Red Workers.

La vocation de ce groupe est aussi de maintenir la philosophie historique de l'Hapoel avec pour but de lutter contre le racisme et donc (tache extrêmement difficile) d’encourager la coexistence pacifique entre Israéliens et Arabes. Les Red Workers représentent les idées progressistes et la lutte contre la violence (politique) même si évidemment, certains Ultras de l’Hapoel peuvent être violents (lors de certains matchs) mais ils restent une minorité.

Cette volonté d’aider à la coexistence pacifique entre Israéliens et Arabes s’est notamment matérialisée lors d’un match contre Bnei Sakhnin. Sakhnin est un village arabe musulman au nord-est d'Israël et son équipe est en première division israélienne (premier club représentant une ville arabe à remporter la Coupe d’Israël en 2004) après toutefois que des incidents aient eu lieu en Janvier 2005 entre les supporters des deux équipes. À l’occasion de ce match entre les deux clubs, une cinquantaine d’Ultras Hapoel avait été invitée pour une journée à Sachnin avec notamment l’organisation d’un match amical entre supporters des deux clubs…

Les supporters de Sakhnin doivent endurer en déplacement de nombreux chants racistes de la part des supporters adverses comme ceux du Maccabi Tel-Aviv ou du Beitar Jerusalem qui, lors de la victoire en finale de la Coupe, avaient publié une nécrologie dans Yediot Aharonot (un des trois grands quotidiens Israéliens) pour annoncer la mort du football israélien…

Fonctionnant selon une philosophie "sociale" en épaulant aussi parfois les autres supporters de l’Hapoel qui connaissent des difficultés financières, les Red workers aident les Ultras Hapoel à trouver du travail, où les soutiennent dans leurs études en essayant de transmettre le flambeau à la jeune génération tout en préservant l’histoire du club et de ses supporters.

Les Red Workers ont depuis quelques années des liens d'amitié avec certains groupes ultras européens impliqués eux aussi dans ce travail social ouvertement anti-raciste (et anti- fasciste) comme les Ultras Sankt-Pauli (USP), les Ultras Inferno 96 (Standard Liège), Gate 9 (Omonia Nicosie) ou encore les Ultras de la Ternana en Italie (Lega Pro)…

En France, l’Hapoel est surtout connu pour les incidents survenus en 2006 en marge d’un match au Parc des Princes contre le PSG qui verront un policier en civil tuer par balle un supporter parisien et en blesser gravement un autre jeudi en portant secours à un supporter du club israélien.

Enfin, concernant le panorama politique du mouvement ultra’ israélien seuls trois groupes peuvent être considérés comme réellement ultra’ : Bien évidemment les Ultras Hapoel (Environ cinq cents membres, plutôt jeunes et de gauche donc), The 12th Player, l’un des groupes du Maccabi Tel Aviv, de même importance, jeune aussi et radicalement nationaliste (extrême droite) et les Green Apes, groupe ultra du Maccabi Haifa, comptabilisant près de deux cents membres dans l’ensemble non politisés.

D’autre part, si le Beitar Jérusalem compte un très grand nombre de supporters (ultras nationalistes), il ne possède cependant pas vraiment de groupe ultra réellement structuré à l’exception de La Familia qui fonctionne plus comme une « firm » et qui s’est faite remarquée par des actions violentes ou provocatrices telles que les émeutes qui ont suivi le match contre le Maccabi Tel Aviv en 2005 ou encore quand en 2007 la fédération Israélienne décida de faire jouer la rencontre contre le club arabe de Bnei Sakhnin à huis clos après que La Familia ait rompu une minute de silence rendue en hommage à l’ancien Premier Ministre Israélien Yitzhak Rabin en lançant des chants en l’honneur de son assassin Yigal Amir…
Avatar de l’utilisateur
benoit
Site Admin
 
Messages: 2632
Localisation: caen

Re: football, supporters et politique

Messagede El Colombian le 26 Fév 2010, 19:08

Pour les ultras, « le football est un combat qu'il faut gagner »

A deux jours du clasico entre le Paris Saint-Germain et l'Olympique de Marseille -des matchs traditionnellement musclés entre supporters-, LyonCapitale a rencontré Nicolas Hourcade, sociologue à l'École centrale de Lyon et spécialiste des ultras. Entretien.

On parle souvent des ultras mais sans vraiment connaître leur mode de fonctionnement…

Il existe différentes manières d'être supporter, différents types de « supportérisme ». Ceux qui se définissent comme ultras constituent des groupes structurés sous une forme associative. Leur objectif principal est de soutenir activement leur équipe. Cela passe par une organisation de leurs activités à la fois dans le stade et en dehors.

Au stade, ils réalisent, à l'entrée des joueurs, des animations appelées des « tifos ». Des meneurs [les « capos », ndlr] encadrent les chants, des déplacements sont organisés pour suivre l'équipe à l'extérieur. En dehors des matchs, ils se positionnent comme des acteurs du football, sous un modèle syndical. C'est pour cela qu'ils insistent souvent sur leur autonomie. Ils cherchent en effet à défendre leurs propres intérêts. Ils sont revendicatifs par rapport aux dirigeants ou aux joueurs.

Les ultras sont aussi ambigus car ils veulent être reconnus par le monde du foot tout en demeurant « rebelles » et en n'étant pas « récupérés par le système ». Cette attitude conflictuelle les distingue des associations de supporters dites officielles qui ont, elles, une vision consensuelle du foot. Elles prônent le fair-play, conçoivent le club comme une grande famille et se vivent comme des partenaires des autres membres de cette famille.

L'une des autres différences, c'est l'âge. Les ultras sont généralement des jeunes de 16 ans à 30 ans tandis que les associations officielles rassemblent des personnes de tous âges. De plus, mis à part dans quelques villes comme Lens, les associations officielles ne s'impliquent pas autant que les ultras dans l'animation du stade.

Comment s'organisent-ils en interne ?

Quand vous avez 2 500 membres dans un groupe ultra, les degrés d'investissement sont très différents. Si on prend les deux extrêmes, il y a le simple adhérent qui va se considérer comme engagé parce qu'il vient à tous les matchs et qu'il encourage l'équipe. Et il y a le « noyau dur », composé de quelques dizaines de personnes très investies qui font vivre le groupe.

Entre les deux, il y en a qui font quelques déplacements, d'autres qui vont donner un coup de main de temps en temps à la préparation des tifos, etc. C'est important de le préciser, car les centres d'intérêts peuvent être complètement différents.

Certains sont profondément passionnés par le foot, d'autres apprécient surtout l'animation du stade ou bien les virées entre potes lors des déplacements. Il y en a aussi qui vont aimer la vie associative quand d'autres privilégient le côté déviant, les provocations. Les incidents qui impliquent un groupe ultra ne concernent qu'une petite partie du groupe.

Comment expliquez-vous ces actes de violences commis par certains ultras ?

Les ultras refusent la morale du fair-play, qu'ils jugent hypocrite puisqu'ils estiment que le football est un combat entre deux camps et qu'il faut gagner. Cela légitime d'insulter l'adversaire et de lui mettre la pression. Il y a aussi chez ces supporters une acceptation du recours à la violence physique. Ils sont dans une logique de rivalité. Les ultras considèrent qu'ils représentent leur groupe, leur club, leur ville. Ils ont leur propre compétition en parallèle des matchs.

Si, au final, se battre permet de se « faire respecter », certains ne vont pas hésiter à franchir le pas. Mais lorsque vous parlez avec des ultras, ils vous disent toujours que, s'ils ont recours à la violence, c'est simplement pour se défendre. Leur rhétorique, c'est « on n'attaque pas, on se défend ». Avec les ultras, c'est difficile de parler de la violence d'autant qu'ils ont conscience qu'elle peut nuire à certaines de leurs revendications.

Ce qui les différencie des hooligans…

Exactement. Les hooligans reconnaissent sans complexes être là essentiellement pour la violence. Ceux qui s'appellent eux-mêmes indépendants, « hools » ou « casuals », ne forment pas des associations mais des bandes informelles centrées sur la violence. Une grande différence avec les ultras, c'est que les hooligans s'investissent beaucoup moins dans le soutien à l'équipe et dans la vie du club. Ils n'ont pas forcément de revendications spécifiques sur le monde du football.

Quelles mesures adopter pour mettre fin à ces violences ?

A en croire certaines interventions médiatiques, il y aurait des solutions miracles. Alors que non. Sinon, on l'aurait déjà fait. En revanche, on peut essayer de mettre en place une politique globale cohérente, en se fixant comme objectif de diminuer la violence. C'est-à-dire qu'il faut une répression des comportements délinquants qui soit bien ciblée et considérée comme juste. Par exemple, la dissolution d'un groupe de supporters considéré comme violent n'est pas toujours une bonne idée. Parce que du coup, ça casse toute structure modératrice, les groupes ultras ayant intérêt à limiter les débordements. Et les supporters violents continuent leurs agissements dans des bandes plus difficiles à réguler.

Il faut aussi mettre en place des infrastructures intégrant les impératifs de sécurité et d'accueil convivial des supporters. Ça tombe bien puisqu'on est en train de réfléchir à la rénovation des stades. Il faut également faire un travail de formation des stadiers et des forces de l'ordre pour limiter les tensions avec les supporters et éviter les réactions inappropriées qui aggravent les problèmes.

Il est également nécessaire d'instaurer un dialogue entre les différents acteurs du football, dont les supporters. Je suis peut-être naïf, mais je pense qu'une meilleure intégration des supporters dans le monde du foot limiterait certaines frustrations et pourrait désamorcer des tensions.

Etes-vous d'accord avec ceux qui disent : « l'entraîneur entraîne, le président préside, les supporters supportent » ?

Il faudrait savoir par ce qu'on entend par : « Les supporters supportent ». Je sais que c'est un cliché récurrent qui signifie : « Chacun à sa place ». Ce qui me paraît important, c'est de réfléchir au rôle des supporters. Il me semble qu'il y a des ambiguïtés assez fortes. On dit aux supporters : il faut que vous soyez à fond derrière votre équipe, quasiment fanatiques, mais dès qu'il y a un dérapage le monde du foot fait comme s'il n'y était pour rien !

De même, on n'arrête pas de dire que les supporters, c'est le douzième homme, que sans eux, il n'y a pas d'ambiance, mais en même temps, il y a une très grande réticence à les reconnaître comme un acteur à part entière du football. C'est un peu comme si les dirigeants des clubs disaient à leurs supporters : « Amusez-vous les enfants, mettez de l'ambiance mais les décisions, c'est les grands qui les prennent ».

Les supporters doivent-ils avoir un mot à dire sur le prix des places ? Une voix consultative au conseil d'administration ? Etre actionnaires ? Je n'ai pas de réponses arrêtées, mais ce sont des questions qu'il faut traiter pour sortir des ambiguïtés actuelles.
http://www.rue89.com/rue89-football-clu ... ner-140563
El Colombian
 
Messages: 55

Re: football, supporters et politique

Messagede benoit le 27 Fév 2010, 20:48

tu m'as devancé le colombien, je pensais le poster aussi cet interview
Avatar de l’utilisateur
benoit
Site Admin
 
Messages: 2632
Localisation: caen


Re: football, supporters et politique

Messagede El Colombian le 07 Mar 2010, 20:13

Foot : « Les racistes doivent être interdits de stade à vie »

Stéphane est un fidèle riverain et, depuis dix ans, l'un des responsables d'une association de supporters de la tribune Auteuil du Paris Saint-Germain (PSG). A quelques heures du match Lens-PSG, excédé par les dérapages racistes des hooligans parisiens, il s'est adressé à Rue89 pour donner son point de vue sur la dérive du club de football, l'impasse de la politique de gestion des supporters et le drame (un supporter grièvement blessé) qui a eu lieu la semaine dernière lors du match PSG-OM. Précision : Stéphane s'exprime sous pseudonyme, par crainte de représailles.

Que s'est-il passé la semaine dernière, lors du match PSG-OM ?

J'étais pile face à l'endroit où ça s'est produit. Après avoir passé quelques heures dans un bar, où la police les avait repérés, environ 200 « indépendants » de la tribune Boulogne sont arrivés côté tribune d'Auteuil. En fait, Yann L. [battu par des supporters, il est toujours dans le coma, ndlr] n'était pas là par hasard. Il était là pour se battre contre les gens de la tribune Auteuil. Il fait partie de la « Casual firm », un noyau de hooligans, considérés comme la crème de la crème des personnes violentes de la tribune Boulogne.

Il y a donc eu un effet de surprise et puis les gens du virage Auteuil ont commencé à se défendre et ils ont fait reculer ces 200 supporters de Boulogne. C'est à ce moment-là qu'il a été lynché.

Ce qui est hallucinant, c'est que la police les repère dès 16 heures dans ce bar, puis les laisse approcher du virage Auteuil et se battre sous l'œil des CRS. Comment ont-ils réussi à passer ? Mystère. J'ai posé la question au préfet de police cette semaine, il n'a pas su me répondre.

C'est la première fois que ça arrive ?

Disons que c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Mais cela fait vingt ans que nous subissons des agressions racistes et personne ne fait rien : ni la police, ni le PSG, ni les politiques… et on en a marre.

Quelles formes prennent ces agressions ?

Au Parc des Princes, cela ne se passe plus trop dans les tribunes, à cause de la vidéosurveillance. Mais chaque saison, au cours des déplacements à l'extérieur, il y a des insultes racistes, des saluts nazis assortis du « sieg heil », des chants… « Bleu Blanc Rouge, la France aux Français », « Auteuil bougnouls ». A Lille dernièrement, c'était « One, two, three… rentre dans ton pays ». Et puis, le grand classique : les cris de singe.

Ils sont une centaine de la tribune Boulogne, avec un renouvellement perpétuel. Depuis trente ans, les racistes s'y retrouvent toujours, ça n'a jamais cessé. Ce racisme est à l'origine de tous les problèmes d'aujourd'hui.

Pourquoi dites-vous que personne ne fait rien ?

Quand les pouvoirs publics, après les heurts du PSG-Caen en 1993 [des supporters du KOP de Boulogne tabassent un CRS, ndlr], ont dit « ça suffit », le PSG a fait du social avec la tribune Boulogne en embauchant des supporters au sein du club, en offrant des abonnements… Ils ont acheté la paix sociale.

Mais le club a fait une grave erreur, car cela a donné des privilèges aux durs de Boulogne. Dès qu'ils veulent quelque chose, ils savent l'obtenir en allant voir les bonnes personnes. Aujourd'hui, on paie cette politique qui évite de se confronter aux éléments les plus radicaux.

D'un autre côté, je comprends les gens du PSG qui ont une telle pression (y compris par des menaces physiques) qu'ils préfèrent lâcher sur certaines choses. Nous, supporters normaux, nous nous sentons démunis et pas aidés par le club.

Quid des interdictions de stade et du travail de la police ?

Il faut savoir qu'il y a deux types d'interdiction de stade :

* Une administrative, décidée par le préfet de police, sur la base d'un rapport de la cellule des Renseignements généraux qui suit cette question ;
* Une judiciaire, mais là il faut des preuves et ce n'est pas évident.

La cellule des RG discute avec tout le monde, y compris les plus durs. Elle connaît parfaitement leur racisme. Parfois, je me demande si ces violences n'arrangent pas la police, pour justifier aux yeux des politiques la présence d'un gros dispositif de maintien de l'ordre…

Après l'incident de la semaine dernière, nous avons eu une réunion avec le préfet de police. Il nous a dit : « ce n'est plus possible » et il a annoncé quelques mesures :

1. L'interdiction des déplacements à l'extérieur et ça on est d'accord ;
2. La fermeture des locaux des associations au sein du stade, là où nous stockons les banderoles et la peinture. Mais ce n'est pas ça qui va régler le problème, notamment parce que les groupes de Boulogne n'ont pas de locaux au stade.

Par ailleurs, comme ils estiment qu'un de leurs « frères » est tombé sous les coups de « l'ennemi », les durs de Boulogne ont juré de se venger. Il y aura des représailles, vous pouvez en être sûr.

Quelles solutions préconisez-vous ?

L'interdiction de stade à vie doit être clairement envisagée. Si on prend le cas de Yann L., supporter déjà connu, on peut s'interroger. Pour des gens violents et racistes, et si c'est justifié, cela me paraît normal.

Mais la solution, c'est aussi de faire le ménage au sein du club. Il faut mettre des gens qui ne sont pas influençables, pas des anciens de Boulogne. Il faut aussi une vraie volonté politique et une action forte des services de police.

Une solution efficace serait de fermer l'accès à la tribune Boulogne (plus de ventes de places, ni de possibilités de s'abonner) et de remplacer les abonnés par des places offertes au club de foot et aux lycées d'Ile-de-France à des jeunes de moins de 18 ans : 6 000 places offertes à chaque match du club. Ce serait un gros manque à gagner financier, mais en termes d'image, un gain inestimable pour le club.

Vous avez réclamé de témoigner sous anonymat par crainte de représailles. C'est assez inquiétant…

Personnellement, je n'ai jamais été menacé car je suis discret. Mais à de nombreuses reprises, des responsables d'associations de supporters ont été menacés chez eux directement, voire agressés. Ce sont des méthodes de voyous. Je ne veux pas baisser les bras face à cette violence et ce racisme, mais j'ai aussi une vie à côté.

Pourquoi n'entend-t-on pas les joueurs ?

Ils sont très protégés par le club et ils sont sur une autre planète. S'ils prennent position, ils sont immédiatement l'objet de pression. Il y a quelques années, après un match houleux à Nantes, la Licra a voulu associer trois joueurs du club pour faire une conférence de presse sur le racisme. Et bien, il y a eu des représailles du club, sous la pression des durs de Boulogne.

Les joueurs n'ont pas de liberté d'expression sur ces questions citoyennes.

http://www.rue89.com/rue89-football-clu ... vie-141706

El Colombian
 
Messages: 55

Re: football, supporters et politique

Messagede barcelone36 le 11 Mar 2010, 17:32

http://www.novofuck.info/category/etat-des-lieux/

Vu des stades

Nous nous penchons aujourd’hui sur les tribunes populaires de football (comprendre ici les kops ou virages) en France, et plus particulièrement sur les collusions existantes entre l’extrême droite et la jeunesse des tribunes… Même s’il est important de refuser l’amalgame médiatique imbécile et les schémas stéréotypés (du type supporter=beauf=hooligan=fasciste primaire), il faut reconnaitre que l’extrême droite française a indéniablement réussi à s’implanter dans plusieurs tribunes françaises. Curieusement, les villes concernées sont souvent celles où les militants de la fierté blanche sont les plus actifs sur le terrain. Voici un rapide tour d’horizon…

La ville d’origine du bloc identitaire (la mal nommée « nissa la bella ») est aussi celle d’un des plus vieux groupes ultra’ de l’hexagone, la Brigade Sud Nice 1985. Si ces derniers ont toujours refusé d’afficher ouvertement un quelconque penchant politique, Philippe Vardon et ses sbires ont beaucoup recruté dans la populaire sud. Une partie non négligeable de Nissa Rebella (la branche identitaire niçoise) vient ainsi de la BSN.

Image
jeunesse consanguine niçoise


S’ils n’ont évidemment pas versé depuis dans l’antifascisme, reconnaissons tout de même que les leaders BSN ont un peu fait le ménage en excluant de leur tribune quelques identitaires trop voyants, en partie à cause de la photo ci-dessus qui ne collait pas vraiment avec leur volonté de demeurer «apolitiques» ( bien que flou ce concept est très en vogue dans le microcosme des tribunes).

La capitale des gaules connaît aussi une forte présence fascisante, et ce, dans les deux kops du stade Gerland. Les Bad Gones 1987, situés au kop virage nord, ont longtemps affiché des symboles explicites (croix gammées ou celtiques). Ils se revendiquent eux aussi comme étant apolitiques…

Image
L'apolitisme lyonnais


Le virage sud lyonnais est à l’heure actuelle le plus infesté. En plus de la « Cosa » qui penche très clairement à droite, ce virage est le repère de la mouvance indépendante lyonnaise qui demeure très active sur le plan politique. Les hools lyonnais n’hésitant pas à faire le coup de poing avec leurs camarades identitaires et/ou frontistes. La récente attaque d’une manifestation contre l’identité nationale en est une parfaite illustration, dans le sens où la première ligne des identitaires était composée quasi exclusivement d’indépendants lyonnais…

L’exemple le plus frappant en France reste bien entendu la capitale et plus précisément la sulfureuse tribune boulogne. Infesté dès le début des années 80 par l’extrême droite française (avec par exemple un certain Serge Ayoub et ses j.n.r), le KOB (kop of boulogne) n’a depuis jamais renié cet ancrage à la droite de la droite. Si les symboles extremistes ne sont plus si ouvertement affichés, principalement pour cause de répression, c’est dans cette tribune que l’extrême droite parisienne recrute et puise une partie non négligeable de ses forces vives… Boulogne demeure la plus grande prise des fafs au niveau national, autant pour le nombre que pour la radicalité des pensionnaires de cette tribune.

Prenons l’exemple du projet apache (bloc identitaire de paname) au sein duquel l’on retrouve bon nombre de pensionnaires du KOB. Les dernières générations d’indeps (Commando Loubard ou encore Milice Paris pour les plus jeunes) perpétuent ainsi la ligne directrice de leurs anciens en tirant la tribune le plus à droite possible. La tragique mort de Julien Quemener (le parisien, membre des boulogne boys, assassiné par un flic à la sortie du parc des princes) a depuis été récupérée par les fachos parisiens, projet apache en tête… De nombreux micropuscules fascisants assurèrent le service d’ordre de la dernière marche en son honneur. Quant aux photos de cette commémoration elles furent hébergées et publiées en avant première par novopress (tiens donc..!) Boulogne mériterait à elle seule une analyse beaucoup trop longue sur ce thème de l’extrême droite en tribune et comme nous n’en avons ni le temps ni l’envie, nous nous en tiendrons à ces quelques lignes…

Ce rapide tour d’horizon est loin d’être exhaustif, de nombreux nazillons se terrent aussi dans les tribunes de villes comme Nancy, Metz, Toulouse, Lens, Auxerre, Sedan, Lille… (liste incomplète) avec comme point commun de se revendiquer de la mouvance dite « indépendante », autrement dit un refus d’appartenir à une structure officielle de supporters, le regroupement étant affinitaire et la principale motivation la bagarre dans un cadre chevaleresque (absence d’armes, nombre égal de belligérants, pas de lynchage de l’adversaire…) même si ces « codes de l’honneur » (non, ne riez pas!) ne sont dans les faits (presque) jamais appliqués.

En guise de conclusion nous remarquons que l’impossibilité pour nos apprentis fascistes locaux de prendre pied au virage sud Bordeaux semble leur peser, en témoigne l’inscription de christophe pacotte (responsable du bloc identitaire en Aquitaine) ou encore de bruno c. au groupe facebook intitulé « pour la création d’un virage nord patriote à Bordeaux ». Encore et toujours de l’activisme virtuel diront certains (avec raison), c’est pourquoi nous encourageons vivement les identitaires à tenter l’aventure ! Allez au stade, ça change tout…
Avatar de l’utilisateur
barcelone36
 
Messages: 1466

PrécédenteSuivante

Retourner vers dépotoir

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 1 invité